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Éloge de la différence

Il y a des images qui restent. Des images qui, sans qu’on sache exactement pourquoi, viennent toucher quelque chose de très personnel.

La publicité d’Intermarché qui circule en ce moment et que beaucoup de monde trouve géniale fait partie de celles-là. Le sujet? Trop bien : un loup qui renie sa nature profonde pour être accepté !

Le mal aimé - Intermarché 2025
Le mal aimé - Intermarché 2025

Pourquoi elle me fascine autant qu'elle me "tend", comme dirait ma fille ? Parce qu’elle met en scène une question que je connais intimement : que fait-on de ce qui dérange, de ce qui ne rentre pas dans les cases, de ce qui ne ressemble pas aux autres ?

Ce loup est à la fois attachant et encombrant. Il n’est pas mauvais, il n’est pas dangereux, mais il n’est pas confortable. Alors, subtilement, on cherche à le rendre acceptable. À atténuer ce qu’il est, à lisser sa nature.

Et en regardant cette publicité, je me suis dit que cette histoire, je la connaissais par cœur.

Depuis longtemps, la différence fait partie de ma vie. Pas comme un étendard, pas comme une revendication, mais comme une réalité à gérer. Avec, très souvent, ce mécanisme de protection : lisser les aspérités pour être acceptée.

Faire attention à ce que je dis. À la manière dont je le dis. À ce que je montre ou que je gomme. À ce que je laisse dépasser.

Cette mécanique, je l’ai vécue très concrètement lorsque je me suis engagée dans l’art-thérapie.

Quand j’ai commencé, en 2010, l’art-thérapie faisait peur. Vraiment peur.

Art et thérapie dans le même mot, deux concepts mystérieux, étranges, incompris et qui sont associés c’était vraiment trop pour beaucoup de gens. On me regardait avec une curiosité mêlée de méfiance, quand ce n'étaient pas des sarcasmes... Et souvent, derrière les encouragements polis, il y avait cette question implicite :« Est-ce que ça peut vraiment marcher ? »

À l’époque, j'étais intérieurement vulnérable. Je me laissais beaucoup influencer par le regard des autres. Par leurs doutes, leurs réserves, leurs projections. Je cherchais à rassurer, à expliquer, à justifier. À rendre mon loup plus fréquentable.

Il m’a fallu du temps. Beaucoup de temps.

Du temps pour comprendre que ce qui faisait peur n’était pas un défaut, mais une zone encore peu explorée. Du temps pour accepter que tout le monde n’avait pas à comprendre ni à adhérer. Du temps pour dépasser mes propres injonctions intérieures : être crédible, être reconnue, être acceptée.

Et pendant ce temps-là, les mentalités ont aussi évolué.

Aujourd’hui, de plus en plus de personnes se tournent vers des démarches de mieux-être, vers le développement personnel alternatif, vers la créativité comme voie de compréhension et d’expression. Le COVID a clairement joué un rôle d’accélérateur, en révélant des besoins profonds longtemps mis de côté.

Ce qui était regardé de travers est devenu désirable. Ce qui inquiétait est devenu ressource.

Il m’aura fallu tout ce parcours pour enfin libérer pleinement mes activités professionnelles. Pour développer des formations en art-thérapie dans lesquelles je prends un plaisir immense à transmettre ce qui constitue mon ADN. Sans chercher à édulcorer. Sans m’excuser d’être là où je suis. Sans vouloir plaire à tout le monde.

Car le vrai basculement s’est fait là : dans l’acceptation tranquille de ne pas être faite pour tous.

C’est pour ça que ce loup me touche et que j'ai juste envie de le prendre dans mes bras et lui dire qu'il est parfaitement imparfait. Parce qu’il me rappelle ce chemin. Parce qu’il incarne cette tension permanente entre ce que l’on est et ce que l’on attend de nous.

Il n’y a aucune raison de brimer sa nature profonde pour rassurer quelques fragilités. Aucune raison de renier ce qui nous constitue au plus intime pour entrer dans un cadre trop étroit.

La différence n’est pas là pour être domestiquée. Elle est là pour ouvrir des voies. Et parfois, simplement, pour rappeler que le monde est plus vaste que ce que l’on croit.

Il arrive un moment où l’on comprend que le vrai enjeu n’est plus d’être accepté, mais d’être juste avec soi-même. Où l’on cesse de chercher la bonne forme extérieure pour commencer à écouter ce qui, à l’intérieur, demande à prendre place.

Si ce texte vous parle, alors il y a de grandes chances que la question de la différence vous traverse aussi. Pas comme une posture, mais comme une réalité vécue. Et peut-être que cette fin d’année est le bon moment pour cesser de négocier avec qui vous êtes.

Découvrir l’art-thérapie de l’intérieur, ce n’est pas apprendre à aller mieux à tout prix, ni se conformer à une méthode. C’est expérimenter une autre façon de comprendre, d’exprimer et de transmettre, par la créativité, le symbolique et le sensible.

L’initiation que je propose à partir du 10 janvier s’adresse à celles et ceux qui sentent que leur différence n’est pas un problème à corriger, mais une richesse à structurer et à incarner. Une façon de commencer l’année en arrêtant de se lisser pour être accepté, et en choisissant, enfin, de prendre sa place.

Si vous sentez que c’est le bon moment, je vous invite à découvrir l’initiation et à vous inscrire. Et comme je ne mange personne :-D vous pouvez toujours me contacter via Whatsapp au 0495 832 865 si vous avez des questions, j'y répondrai avec plaisir.

Et j'en profite pour vous souhaiter un Joyeux Noël Scintillant et de commencer 2026 de la meilleure façon qu'il soit.

Isabelle

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